II.2- AXES DE RECHERCHE

Publié le par Jean Bienvenu

 

Depuis 2001 : Recherches sur les fortifications de Plancoët en tant que membre actif du CeRAA. Travail bénévole dans ce centre dans le cadre d’une recherche de terrain qui sera valorisée par la publication d’un article en novembre 2008.

 

Notre recherche a déjà été citée dans un article de Jean-Pierre Le Gal la Salle et de Jacques Henri Clément : La puissance féodale de la Hunaudaye en Penthièvre sous Lamballe et Moncontour, in Les Amis de Lamballe et du Penthièvre, bulletin 2007-mémoires 2006, n°34 (note n°90 p 200) ; ainsi que dans un autre article de la même revue, sous la plume de Louis Chauris, géologue et directeur de recherche au CNRS : Les pierres du château de La Hunaudaye - éclairage lithologique préliminaire des ruines (note n°9 p 438).

 

Notre mission s’est structurée autour de 5 axes :

 

1-      Mise en relation étroite des cadastres plancoëtins de 1827 et de 1983.

          Cette comparaison est à l’origine de notre hypothèse d’enceinte urbaine à Plancoët : le reste de tour dominant actuellement l’Arguenon et situé sur la parcelle 105 apparaît  clairement sur le cadastre de 1827 comme une tour d’angle, sans rapport direct avec le château, et particulièrement bien placée à la limite de cet espace presque circulaire que forment les parcelles foncières autour de la place de l’actuelle mairie; là a commencé notre intérêt pour le cadastre.

          Elle a aussi renforcé la forte probabilité de localisation du château-fort.

          Elle nous a de plus permis d’ébaucher une chronologie du bâti à Plancoët et de mieux cerner le probable tracé sud de l’enceinte urbaine et du château.

 

2-     Croisement de ces informations avec une observation de terrain  en essayant de faire l’inventaire de toutes les traces matérielles pouvant dénoter.

          Cet axe de recherche a été le plus important.

          Nous avons commencé par observé le terrain à l’emplacement très probable du château puis nous avons cherché des indices matériels allant dans le sens de notre hypothèse d’enceinte urbaine.

 

           D’une manière générale, nous avons effectué les tâches suivantes :

 

-         observation systématique de l’espace bâti et non bâti situé sur l’emplacement très probable du château ou de l’hypothétique enceinte urbaine. Pour cette dernière, nous avons observé l’espace bâti et non bâti situé le long du périmètre visible ou supposé de cet espace quasi-circulaire visible sur le cadastre et centré sur l’actuelle mairie ; soit nous avons observé des restes de murailles ou de tours, soit on ne les voit pas mais des constructions plus récentes qui entourèrent la muraille en conservent la trace ou encore des bâtiments actuels en épousent le tracé, phénomène que nous retrouvons pour l’emplacement probable d’une tour ; le tracé de l’enceinte semble avoir été comme fossilisé.

-         Essai de dégagement de la topographie des sites à travers l’observation et le relevé des remblais et des caves des immeubles pouvant nous permettre de souligner le profil du socle rocheux. Observation du socle rocheux à l’occasion de travaux.

-         Essai de détermination d’une chronologie des murs, en lien avec les deux cadastres.

-         Prise de mesures et réalisations de croquis.

-         Prospection de surface avant travaux puis datation du matériel récolté par Catherine Bizien, archéologue au CeRAA.

-         Comparaison des observations avec d’autres châteaux ou enceintes urbaines de la région : Montafilan en Corseul, Le Guildo, Dinan, Saint-Malo, Alet, Bécherel, mais aussi Josselin.

 

3-     Relecture systématique des rares sources écrites connues du Moyen Age et de l’époque moderne, faisant allusion directement ou indirectement à des fortifications à Plancoët.

Aucun historien ou érudit local n’ayant émis l’hypothèse d’une enceinte urbaine à Plancoët, cette relecture était indispensable ; nous avons consulté quatre formes de sources:

-         Aveux et minus de l’époque moderne concernant Plancoët ( aveux datés du 7 novembre 1406, du 3 juillet 1414, du 2 novembre 1570, du 24 décembre 1728… ; minus de rachat de 1499), dont nous avons consultés les copies et certains originaux aux Archives départementales de Saint-Brieuc ; copies issues de la série E 490 (4), rédigées à la fin du XVIIIème siècle ; originaux consultés datés de 1570 (série 1 E 137) – aveu le plus précis rendu par René Tournemine - et de 1728 (série 1 E 169) – aveu rendu par le comte de Rieux -. Documents essentiels pour les droits seigneuriaux d’alors ou tombés en désuétude à Plancoët, et mentionnant souvent le château.

-         Chroniqueurs et voyageurs faisant allusion à Plancoët : la célèbre Chronique de Saint-Brieuc, rédigée en latin entre 1389 et 1416 par un auteur qui reste anonyme, qui décrit la prise du fortalicium de Plancoët par le duc Jean IV vers 1390 ( col. 854 in Dom Guy Alexis Lobineau, Histoire de Bretagne, tome II – preuves et pièces justificatives -, Paris 1707 ) ; et Ogée qui décrit l’emplacement du château ( in Dictionnaire historique et géographique de la Bretagne, Rennes, Molliex, 1843 ).

-         Comptes des revenus de la terre de Plancoët au duc de Bretagne : les premiers s’étalent de 1414 à 1420 ; 3 registres ont survécu, consultables dans la série 1 E 177-178 (originaux) ; des emplacements de maisons y sont plusieurs fois mentionnés, pouvant faire allusion indirectement au siège de 1389-1390.

-         Actes notariés de la fin du XVIIIème siècle, épluchés remarquablement par Joseph Chenu, historien de Plancoët, dans son ouvrage : Plancoët au temps de Chateaubriand, 1995 (en vente chez l’auteur). Ces actes font allusion pour Plancoët à des « portes », à des « murailles »…

 

4-     Etude critique des termes latins de la Chronique de Saint-Brieuc ayant trait à des fortifications.

           La Chronique de Saint-Brieuc est le texte le plus ancien connu faisant allusion à des fortifications à Plancoët. Elle a été rédigée, comme nous l’avons souligné ci-dessus, en latin entre 1389 et 1416 par un auteur qui reste anonyme. Ce texte médiéval a particulièrement retenu notre attention, car l’auteur mentionne une fois Plancoët, faisant clairement allusion à des fortifications en des termes qu’il nous a paru bon de tenter d’éclaircir. L’auteur fait ainsi allusion à la destruction d’un « fortalicium » à Plancoët sous l’impulsion du duc Jean IV.

            Nous avons commencé par traduire ce texte, traduction qui a été relue et corrigée par Mr Bertrand Ham, docteur en Lettres classiques enseignant à l’Université Catholique de l’Ouest à Angers et animant notamment un cours de traduction de textes médiévaux avec Mr Olivier Guillot, professeur émérite d’Histoire médiévale à Paris IV Sorbonne.

            Puis nous avons fait une recherche dans les deux grands dictionnaires du latin médiéval que sont Du Cange et Niermeyer ainsi que sur internet afin d’avoir une idée de l’état de la recherche sur ce mot. Ce terme nous est apparu polysémique en fonction des régions étudiées et ne semble pas avoir encore fait l’objet d’une définition synthétique.

            Nous nous sommes alors attachés à cerner au plus près sa traduction dans le cadre précis des Chroniques de Saint-Brieuc. Pour cela, nous avons procédé à un relevé systématique des termes « castrum » et « fortalicium » dans cette dernière et à une analyse critique de l’emploi de ces deux mots.

 

5-     Un éclairage lithologique n’a pas été négligé.

    Cet éclairage a été notre ultime approche des fortifications plancoëtines. Nous nous sommes posé en effet la question du devenir des pierres de ces fortifications et avons émis l’hypothèse d’une réutilisation pour la reconstruction du château de La Hunaudaye au début du XVème siècle. Hypothèse que nous avons présentée pour la première fois le 21 octobre 2006 à l’occasion d’une table ronde, organisée par les Amis de Lamballe et du Penthièvre, que nous avons animée sur le thème du château de Plancoët. Cette hypothèse a été reprise avec intérêt par Mr Louis Chauris, géologue et directeur de recherche au CNRS (Les Amis de Lamballe et du Penthièvre 2007, p 438 note n°9). Afin de la conforter, nous avons fait appel à une de nos collègues, Melle Marie Lecoq, agrégée de Sciences de la Vie et de la Terre au Lycée Institution Saint-Malo La Providence à Saint-Malo, qui nous a apporté un précieux éclairage lithologique sur Plancoët.

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